STRASBOURG EN LUTTE
A CEUX QUI VEULENT PRECARISER LE MONDE, LE MONDE REPOND : RESISTANCE !!
Une lutte sociale de fond ne s’organise pas sans moyens d’action adéquats capables de fédérer des personnes autour d’idées et de connaissances.
Ces moyens d’actions trouvent peut-être, en l’état actuel des rapports de force, un sens inouï lorsqu’ils sont dirigés vers des lieux et vers des buts qui sortent de l’ordinaire, c’est-à-dire à des fins qui sont justement extra-ordinaires. Amener les conditions d’une possible prise de conscience sur l’état de déréliction et de délitement social, c’est tenter de mettre en place (publique) les conditions de production d’un autre discours sur le monde social tel qu’il est communément vécu.
L’action « petits déjeuners », menée devant le patio de l’Université Marc Bloch à Strasbourg, remplit ainsi différentes fonctions motrices en mesure de contribuer à ce que se poursuivent, sur d’autres modalités, les luttes sociales entamées depuis près de quatre mois.
D’abord, cette action rend visible, aux yeux des étudiants assourdis et enclavés dans les logiques de réussite individuelle (davantage mises en avant par la réforme LMD), l’expression continue des voix en lutte contre les injures « légales » émises par un gouvernement toujours plus intéressé par les perspectives économiques et discriminatoires que par les réalités humaines. Ensuite, ce lieu convivial ouvert à tous permet de rencontrer, puis d’échanger avec différentes personnes, a priori loin des préoccupations dites politiques, sur les logiques qui nous animent : la volonté profonde de révolutionner un système où la désinformation médiatique renforce les logiques opératoires d’un pouvoir omnipotent et inhumain.
A la table distribuant, à prix libres (pour rompre avec les automatismes de l’économie marchande instituée), cafés, jus d’orange et viennoiseries, est accolée une table de presse, mise à la disposition de tous, qui offre ainsi la possibilité de discuter les informations tout en proposant (par le biais de tracts, de synthèses de textes juridiques, etc.) d’autres visions critiques sur ces questions d’une actualité toujours manipulée.
Enfin, point d’ancrage minimum d’une activité engagée, ces petits déjeuners manifestes, en réinvestissant l’espace public pour fédérer des consciences nouvelles à d’autres fins que celles auxquelles les confinaient les orientations premières des normes urbanistiques implicites, sont autant d’occasions d’organiser plus précisément les divers moments de l’activité militante de la journée (Assemblée Générale, réunions des commissions, actions diverses, etc.).
On le constate, les étudiants impliqués dans le mouvement de lutte ne sont ni les « fumistes » ni les « dilettantes » fustigés par les hommes politiques et la majorité des médias. Ce sont, au contraire, des personnes ayant une haute conscience des aberrations « légales » (votes de textes de lois iniques, répression policière abusive, etc.) qui se déroulent sous leurs yeux ; des gens qui se lèvent tôt, qui lisent et relisent les rapports officiels et les textes produits par l’Assemblée Nationale, qui tâchent, pendant une grande partie de la journée, de forger des savoirs critiques, bref, des personnes qui, luttant contre le défaitisme ambiant et avec les quelques moyens dont ils disposent, partagent les revenus de leur maigre condition sans être payés en retour, sinon par la puissante conviction d’avoir raison de mener une action réellement politique.
N.B. Dans l’esprit de l’action « petits déjeuners », la coordination de Strasbourg contre la précarité organise, mercredi le 17 mai 2006 à 15 h. place Kléber à Strasbourg, un « goûter » avec lâcher de ballons et surprises diverses à la clef.
Coordination de Strasbourg contre la précarité
petite question ; le petit dejeuner devant le patio ne peut il pas etre deplacé tous les jours place Kleber, ou meme chaque jour sur une autre place ... cela permettrait d'etre vraiment au contact de toue le monde, pas seulement du monde universitaire qui s'apprete ou qui est deja en vacances .
Pourquoi a chaque fois sur une place differente ? Disons peut etre chaque semaine sur une place differente a strasbourg, cela permet de diversifié notre, public, de ne pas se cantonner au public environnant une seule place... en sillonant la ville, on fait en plus voir a toute la ville, a differents endoits qu'on existe. Cela nous permettrait egalement de pouvoir debattre avec plusieurs "population" ...les gens habitant place Kleber n'ayant pas forcement le meme quotiden qu'une personne vivant dans un quartier peripherique ...
Donc voila ma proposition; que pendant les vacances universitaires, les petits dejeuners aient lieu sur une place publique, en vue d'elargir notre public, avec possiblité de changer de place chaque semaine .
Assouan
PS; je fais remarquer que le mouvement, constitué de precaires, de salariés, d'etudiants, de chomeurs ...ect ... parvient a vivre et a mener ces actions payantes . Preuve qu'avec de la volonté, on peut bouger sans etre forcement bourré de tunes ...
D'accord, Assouan, mais ne peut-on pas aussi projeter d'organiser, en vue de la rentrée universitaire prochaine, une grande reunion-banquet géante, sur le campus, d'abord pour souhaiter la bienvenue aux nouveaux étudiants, et informer les autres par un compte rendu global de la veille et/ou des actions entreprises pendant l'été.
A cette manifestation seraient en outre invités tous les lycéen qui souhaitent nous rejoindre et poursuivre la lutte.
Salut a tous! A la prochaine!!