STRASBOURG EN LUTTE
A CEUX QUI VEULENT PRECARISER LE MONDE, LE MONDE REPOND : RESISTANCE !!
La Coordination de Strasbourg contre la loi sur l’« immigration jetable »
Avalisée mercredi 17 mai 2006 par l’Assemblée Nationale dans une indifférence quasi-générale, la loi de Nicolas Sarkozy sur l’« immigration choisie » couronne trente ans au moins de mesures légales visant à réguler, à encadrer l’immigration, à réduire l’immigré à une force de travail, au détriment de toute autre forme d’existence sociale, et, par là, à assurer l’optimisation économique de sa présence sur le territoire national ; bref, à générer une « immigration jetable ». Produite mécaniquement par une pensée d’Etat structurée autour d’une division arbitraire et systématiquement inégalitaire entre « nationaux » et « non-nationaux », et s’imposant d’autant plus aisément que cette division semble pour beaucoup « aller de soi », cette loi fascistoïde institutionnalise un contrôle social rationalisé sur une fraction de la population, véritable matrice pour un contrôle social généralisé permettant aux dominants de mieux surveiller et punir. Loin pour autant d’être isolée, elle procède de la même logique néolibérale orchestrant méthodiquement la précarisation de toutes les couches de la population au profit de quelques nantis, qu’elle passe par la réforme LMD et les normes SANREMO pour l’Université, le CNE pour les salariés, la « loi pour l’égalité des chances », les projets, issus des scandaleux travaux de l’INSERM, pour la « prévention de la délinquance » chez les plus jeunes, etc. C’est pourquoi la Coordination de Strasbourg contre la précarité, qui a toujours cherché l’unification des luttes et des revendications, qui a toujours évité le cloisonnement des problèmes sociaux, bien fait pour favoriser le jeu d’une domination politico-économique qui, elle, se déploie sur tous les fronts à la fois, a inclus très tôt dans ses revendications le retrait de ce qui n’était alors qu’un projet de loi. Et ce discours, notre discours, aurait probablement eu plus d’écho et plus d’impact si l’information partielle et partiale des médias n’avait pas unilatéralement sélectionné dans notre lutte l’une seulement de nos revendications (concernant le CPE), névralgique certes, mais toujours clairement insérée dans un ensemble de combats. Il est toujours aussi nécessaire de se débarrasser des œillères d’un réformisme négociateur et prêt aux compromissions, qui enrobe la misère sociale d’un baume anesthésiant, pour créer des nouvelles voies de luttes politiques, de révoltes sociales et de résistances émancipatrices. L’indignation morale individuelle ne suffit plus : il s’agit maintenant de s’organiser à nouveau pour une lutte collective, globale et radicale.
Coordination de Strasbourg contre la précarité