STRASBOURG EN LUTTE
A CEUX QUI VEULENT PRECARISER LE MONDE, LE MONDE REPOND : RESISTANCE !!
Le traitement du « goûter » du 17 mai 2006 place Kléber, réalisé par 20 minutes (édition du 18 mai 2006, « Grand Strasbourg », p. 3), révèle, s’il en était encore besoin, les problèmes que (nous) pose la presse. Un encart plus important que ceux qui étaient dévolus, depuis quelques temps, aux actions de notre mouvement et une photo en couleurs ne sont pas des hochets suffisants pour apaiser notre esprit critique à l’endroit des médias. Les informations que publie 20 minutes au sujet de ce « goûter » sont en effet fausses pour certaines et incomplètes pour d’autres. L’ESTES, quoique très intéressée par une action commune au début du mouvement, ne nous a, depuis près d’un mois, presque plus donné signe de vie, excepté, de temps à autres, par le biais de quelques uns de ses membres qui se sentent encore impliqués personnellement. Que l’ESTES soit concernée, en priorité, par les conséquences liberticides et délétères « d’un dépistage des délinquants », nul n’en peut douter. Mais qu’un article aussi mince lui consacre autant de place, alors qu’elle se manifeste si peu, alors que sa part dans le mouvement a été si minoritaire, alors qu’elle n’a en rien participé à la mise en place du « goûter », et alors qu’il y aurait tant à dire sur nos actions, a de quoi étonner sauf, bien sûr, si cela vise à donner du mouvement une image de suivisme, de division et d’éclatement. D’autre part, l’article de 20 minutes tend à présenter le « goûter » du 17 mai sous le seul signe d’une action contre le dépistage de la délinquance chez les plus jeunes. Certes, cette manifestation a été le moyen de mettre en avant cette dénonciation, notamment en diffusant un tract informel à tous ceux des passants que notre action paraissait toucher. Mais, à l’instar de toutes les actions qui l’ont précédée, et de toutes celles qui suivront, il s’agissait de faire passer avec celle du 17 mai l’idée que notre lutte, quoique unie, est plurielle. Pour mémoire, rappelons que notre dénomination est Coordination de Strasbourg contre la précarité, non contre une précarisation en particulier. Au reste, un mail envoyé la veille à 20 minutes, par nos soins, précisait, outre le rendez-vous place Kléber, l’ampleur résolue de nos actions, ce, par une réflexion à partir des « petits déjeuners » proposés devant le Patio de l’Université Marc Bloch : il a été visiblement ignoré, attitude qui en dit long sur une presse qui relaie de façon très conciliante les communiqués des dominants et à peu près jamais ceux des dominés. Ce tri dans les informations est typique du traitement médiatique, et témoigne, chez les tenants de la « liberté d’expression », d’une déficience systématique dans le relais d’idées s’inscrivant, elles, radicalement à contre-courant de l’ordre du discours établi. Après donc avoir présenté le mouvement comme une usine à gaz, la presse, notamment par le truchement de 20 minutes, tente donc de le réduire à un seul combat, comme cela avait déjà été le cas lorsqu’elle avait insisté sur la seule nécessité d’abattre le CPE, alors qu’il y avait et qu’il y a tant d’autres luttes à mener et à gagner.
Coordination de Strasbourg contre la précarité