Texte récupéré et traduit du site : http://www.nodo50.org/acme/noticias/ultimas/
Appel d'ACME à la Grève Européenne d'Étudiants le 11 mai
écrit par ACME Madrid, le jeudi 20 avril 2006
la lutte sert
Jusqu'ici c'est assez clair, mais allons un pas plus loin. Tu réponds généralement que ces choses sont du passé, que combattre collectivement ne sert à rien, et tu te croies franchement original et innovateur en répêtant l'idéologie des patrons : chacun pour soi et c'est en nous préoccupant que de notre nombril que tout ira mieux. Bon, mais ça c'est non seulement fragile, c'est, en plus, rigoureusement faux.
Ce n'est pas nous qui le disons, c'est la victoire de la jeunesse étudiante et précaire française qui le dit : Le gouvernement a essayé d'approuver une réforme qui institutionnaliserait la précarité, en permettant le renvoi libre de jeunes pendant les deux premières années de leur contrat. Isolés et seuls, les étudiants français auraient pu, comme beaucoup, exprimer des plaintes avant de signer ces contrats faits sur mesure par ceux qui financent leurs luxes avec ce qu'il manque à nous et à nos familles à la fin du mois. Un peu d'indignation et peut-être un peu de frustration, vomie dans le football ou l'alcool.
Mais, et même si maintenant les médias ne le disent que tout bas, les jeunes français ont vaincu. Ils avaient contre eux le gouvernement, ses policiers et sa violence, ainsi que les lâches et cyniques qui disaient que ça ne servait à rien. Mais ils ont vaincu. Et ça, comment ça se fait? Nous l'avons déjà dit, nous le disons quand nous marchons et crions, quand nous t'attendons et qu'en général tu ne viens pas. Ils ont vaincu grâce à l'organisation et à la lutte. Ils ont vaincu en organisant des assemblées pour que personne ne reste en silence, en occupant des universités pour que la normalité ne les écrase pas, ils ont vaincu en étant toujours plus dans les rues, en construisant le pouvoir depuis et vers le bas, entre tous et pour tous.
Le gouvernement et les capitalistes qui leur avaient imposé le projet de loi ne prennent jamais le téléphone, ils ne lisent pas nos lettres ni, derrière leurs sourires de marketing, jamais nous écoutent.
Ceux qui font du business avec nos hôpitaux, en spéculant sur nos quartiers et parcs, en s'appropriant ce que nous produisons en commun pour nous le vendre plus cher, ceux qui prétendent parrainer les universités de tous pour les transformer en des usines de travailleurs temporaires sans droit, (ou des écoles d'élites pour minorités), ne peuvent qu'être traités d'ennemis. Et l'ennemi ne voit pas pourquoi il devrait se préoccuper de quoi que ce soit alors qu'il continue à être de plus en plus fort.
Pour défendre les droits sociaux il faut se rassembler; pour que les services publics servent aux besoins des sociétés qui les supportent il faut s'organiser; pour que nos capacités d'adaptation, travail immatériel, communication et affections, et mobilité ne soient pas les clous de notre cercueil de la précarité il faut combattre; pour que le droit d'étudier ne dépende pas de la rentabilité que les patrons trouvent à ce que nous étudions, ou de l'argent que nos familles peuvent payer, il faut se lever et dire à la face des négociants que notre Europe n'est pas celle de la précarité, ni nos universités les dépôts de semi-analphabètes prêts à être pressés.
La prochaine fois que tu nous dis que la mobilisation ne sert à rien, ou que les luttes sont des choses du passé, souviens-toi de la leçon avec laquelle la jeunesse et les travailleurs français ont ouvert le printemps de 2006 : La lutte sert, seule la lutte sert, gagner est possible et indispensable.
Le 11 mai dans toute l'Europe nous défendrons l'Université Publique en la fermant, le 11 mai tu auras une leçon de dignité, de Communauté et d'espoir, à distribuer dans la rue.
11 mai Grève Européenne des Étudiants.
L'Université n'est pas un marché, l'éducation n'est pas en vente.
Mort à la Convergence Européenne des banquiers.
Retrait de toutes les réformes qui attaquent l'Enseignement Public.
L'Université pour tous, gratuite, démocratique et populaire.
Assemblée Contre la Mercantilization de l'Éducation (ACME)
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