Actualités - France

Dimanche 14 mai 2006 7 14 05 2006 13:14

L’arme des examens


 

Vu sur Indymedia Toulouse


(dialogue entendu dans le hall B)
-  Tu sais où il en est le mouvement anti-CPE ?
-  Je sais pas, sûrement une dissertation en 4 heures. Rennes, le 12 Mai

Le mouvement que nous venons de connaître a été le premier, depuis plus de dix ans, à imposer un recul au gouvernement (le retrait du CPE). Un recul, non une défaite. Dans une offensive prolongée, il n’est pas toujours possible d’enchaîner les victoires écrasantes. Lâcher du lest sur le CPE, pour qu’on ne parle plus du CNE, de la loi d’égalité des chances, et maintenant de la loi Sarkozy sur l’immigration. Pour que tout rentre dans l’ordre. Qu’il n’y ait plus de troubles dans les rues, plus de routes bloquées, d’entreprises perturbées, de palabres dans les facs occupées.

Plus de politique, surtout, plus de politique. Pour que les commerçants puissent à nouveau faire leur beurre, les marchandises circuler, les touristes déambuler, les étudiants penser à leur avenir. Pour que la police puisse prendre des vacances. Aujourd’hui, c’est à qui parviendra à capitaliser la « victoire historique », en nombre d’adhérents, en voix aux élections, en reconnaissance médiatique.


Cessons de nous raconter des histoires. La victoire réelle du mouvement, ce n’est pas d’abord son effet incident -le retrait du CPE- c’est d’avoir dégagé l’horizon politique du retour dépressif des sempiternelles « journées de mobilisation » à peine moins ternes que des jours fériés, où les discours, même témoignant d’ambitions fort modestes, restent cent fois plus belliqueux que les actes qui seraient sensés les soutenir.

Aujourd’hui il est évident pour tous (ceux qui le nient mentent, et ils le savent) qu’il n’y a pas de lutte réelle en deçà du blocage de l’économie, de l’attaque immédiate des dispositifs d’instauration des politiques libérales, de la perturbation des centre-villes comme espaces entièrement dévolus à l’absorption et à la digestion de toute secousse politique ou existentielle –espaces de paix consacrés à la guerre économique.

Si nous avons lutté pendant deux mois et demi, c’est d’abord pour affirmer l’existence même de la politique, mettant ainsi en évidence le fait qu’en temps normal, où chacun est individuellement requis par des exigences d’ordre économique –mobilisant ce qui de nos activités et affects est irréductiblement pris dans des rapports d’exploitation- il n’y a pas de politique pour nous, il n’y a que la souveraineté de l’économie, c’est à dire la politique déployée contre nous par le capital.


Le mouvement s’est arrêté sous la pression croisée des professionnels du défilé protestataire, des médias et des étudiants hostiles au changement profond. Il s’est arrêté également du fait de l’impossibilité pour la plus grande part d’entre nous d’assumer ce que la lutte nous a permis d’entrevoir : qu’il n’est pas possible de contribuer ponctuellement à la naissance d’un mouvement politique, qu’il ne s’agissait pas là d’un engagement révocable à durée déterminée. Assumer ce qui avait eu lieu, continuer à lutter, cela voulait et veut toujours dire, dans le même mouvement, poursuivre l’offensive contre les politiques libérales, élaborer collectivement des manières de vivre qui soient adéquates à nos inclinations anticapitalistes. Cela veut dire également, ne pas se laisser prendre au piège des semestres à boucler, des cours à rattraper, au chantage des examens à passer à tout prix.

Déjà le mouvement des profs en 2003 qui avait duré plusieurs mois, s’était écrasé sur sa peur de toucher au bac, la seule chose qui aurait pu conjurer la défaite annoncée. Il en a été de même, l’année dernière, pour le mouvement lycéen. Comme si la gravité de la situation, la générosité de l’affirmation politique et la sincérité du lien qui s’était noué au sein de la communauté de lutte, tout cela ne pesait pas si lourd, n’était pas assez sérieux au regard du nécessaire passage d’examens -c’est à dire, dans le fond, de la nécessaire reprise en main de la situation par le gouvernement, de la nécessaire reprise en main, par l’économie, du cours de nos existences quotidiennes. Que nous acceptions de nous plier à la mobilisation générale des examens en juin serait une défaite réelle parce que nous reproduirions le geste qui accompagnait l’essoufflement des anciens mouvements sociaux d’avant novembre –enterrer, à la fin, les liens qui auraient pu devenir politiques et donc irréversibles- alors que ce mouvement a été de bout en bout politique, et qu’il aura, quoi qu’il advienne, des conséquences irréversibles.

Geste absurde d’enterrer ce qui est vivant. Si, au contraire, il nous semble déterminant qu’une continuité ou reprise du mouvement dans les jours ou semaines qui viennent passe par le refus des examens comme symbole de la faiblesse politique du mouvement, de la faille par laquelle s’est engouffré l’appétit de restauration des plus tièdes, il ne faut pas voir là le moindre esprit de sacrifice.


Nous n’appelons pas au boycott individuel des partiels mais à des actions collectives, concertées sur tout le territoire, des actions de pression sur les institutions liées au ministère de l’enseignement supérieur pour exiger la validation, pour chaque étudiant, du second semestre de l’année universitaire. Menacer les examens, c’est retourner contre le gouvernement l’arme par laquelle il a pu étouffer, sous le pragmatisme économiste qui lui sert de philosophie, les aspirations au changement exprimées massivement au cours de ces derniers mois.

Actuellement, notre principale capacité de blocage réside à cet endroit. Mais une telle pratique appelle naturellement la reprise, partout où cela sera possible, conjointement avec les salariés, chômeurs et précaires, des blocages économiques. C’est maintenant la politisation de tous les aspects de ce qui compose nos conditions de vie qu’il nous faut viser. La précarité naît d’abord de l’injonction perpétuelle à faire de sa vie une lutte pour ne pas déchoir –ne pas tomber dans une des misères variées que ce temps accumule - pour ne pas faire partie de la charretée des perdants, des vaincus de toutes sortes.

Accepter de se plier au bon vouloir des patrons, travailler incessamment à son employabilité, à l’entretien de sa valeur marchande, augmenter sa compétitivité, passer vaille que vaille des examens ou des concours après une crise politique d’une telle ampleur, cela participe de la même logique, que nous refusons, celle du marché, de la concurrence, du libéralisme.

Continuer –reprendre le mouvement, cela ne sera possible qu’en heurtant de front les pseudo-évidences qui sont ce par quoi l’ordre se rétablit : la politique se limiterait à se défendre ponctuellement contre des réformes gouvernementales, et s’arrêterait nécessairement à l’approche des examens. Au contraire, il s’agit d’affirmer que la politique n’existe qu’en entraînant toute la vie, en modifiant notre rapport au travail et à l’étude, et en nous dégageant, pas à pas, du monde de l’économie.


Comité anti-examens de Rennes 2

Par Coordination de Strasbourg contre la précarité
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Lundi 15 mai 2006 1 15 05 2006 14:36
Proposition d'amnistie des auteurs d'infractions à l'Assemblée Nationale

Le président du groupe communiste à l'Assemblée réclame un arrêt des poursuites et un retrait des condamnations pour les manifestants anti-CPE.

Alain Bocquet, président du groupe communiste à l'Assemblée Nationale, a annoncé mercredi 10 mai qu'il avait déposé une proposition de loi visant à amnistier les auteurs d'infractions commises lors des manifestations anti-CPE, de février à avril dernier. Le texte réclame non seulement un arrêt des poursuites mais
aussi l'effacement des condamnations déjà existantes. Son auteur insiste sur leur aspect injuste et arbitraire.

"Des milliers de jeunes interpellés lors d'actions revendicatives pour le retrait du CPE, alors que, pour la plupart, aucun de leurs agissements ne peut être assimilé à un comportement de délinquants, sont condamnés dans la précipitation par les tribunaux", indique l'élu communiste dans un communiqué. Des condamnations qui reflètent selon lui "l'acharnement répressif qui tend à mettre en cause le droit de manifester".
"Alors que le gouvernement, sa majorité, ont retiré le CPE, donnant ainsi raison à ceux qui se sont mobilisés dans cet objectif, il serait totalement incompréhensible que le pouvoir continue à vouloir faire payer sa défaite aux jeunes engagés dans ce mouvement", estime Alain Bocquet.
Par Coordination de Strasbourg contre la précarité
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Lundi 15 mai 2006 1 15 05 2006 20:48
A Paris VIII , on dit non... tout simplement

Vu sur Indymedia Paris


ci-après, la motion du Département de Philosophie de l'Université Paris VIII, concernant les menaces qui pèsent actuellement sur le statut des étudiants étrangers, leur recrutement et leur accueil dans l'université française.

Elle fut approuvée à l'unanimité lors de la réunion du 9 mai.

Il est important que nous puissions faire, là aussi, front ensemble.

Que nous puissions maintenant, en tant qu'ensemble interuniversitaire, interpeller les partis et organisations d'opposition pour qu'ils prennent position publiquement sur la violation, dont fait état la présente motion, et le droit que celle-ci rappelle et revendique.


« Le Département de philosophie de l'Université de Paris 8 Vincennes - Saint-Denis prend note du projet gouvernemental consistant à transférer les responsabilités du choix des étudiants extracommunautaires susceptibles d'être accueillis dans nos formations aux consulats en concertation avec les autorités locales.

Ce recrutement « choisi » nous paraît contraire à notre tradition d'accueil et viole délibérément l'autonomie des universités. Ni les consulats, ni même les établissements des pays originaires n'ont compétence à recruter nos étudiants.

Nous revendiquons le droit de préinscrire les étudiants qui nous contactent et d'inscrire ceux dont le projet d'études et de recherches nous paraît pertinent. »

Par Coordination de Strasbourg contre la précarité
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Lundi 15 mai 2006 1 15 05 2006 20:52

Liste noire à la Sorbonne


Vu sur Indymedia Paris


Mercredi 10 mai à 17h, une trentaine d'étudiants se sont réunies pour protester contre l'existence de cette liste noire d'étudiants bannis ou surveillés dans la Sorbonne.

Il a été décidé d'aller à la présidence de Paris 4 pour exiger une condamnation claire de cette liste. Un dialogue de sourds s'en est suivi avec un vice-président de Paris IV qui a dit ne pas être au courant de cette liste ( !) et que de toute façon cela relevait du recteur ! ! Quel courage !

Le lendemain, un étudiant de Paris 4 qui avait participé à l'action a pu s'entretenir avec le directeur de cabinet du président de Paris IV. Voici le compte-rendu : http://oxygenefse.free.fr/jour/mai2006/entretien-listenoire.pdf

Bref, cette liste noire demeure, et la présidence de Paris IV refuse toujours de la condamner. Le combat doit continuer jusqu'à la disparition totale de cette liste et la condamnation sans ambiguïté de telles pratiques.

Encore ce matin lundi 15 mai, un étudiant qui avait cours à la Sorbonne s'est vu interdire l'entrée http://oxygenefse.free.fr

Par Coordination de Strasbourg contre la précarité
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Lundi 15 mai 2006 1 15 05 2006 20:54
Cergy-Pontoise toujours mobilisée

A l'occasion du coloque " égalité des chances et citoyenneté" à l'université de Cergy-Pontoise(site de st martin ) le collectif unitaire des étudiants de Cergy-Pontoise invite a un rassemblement devant ce coloque
Par Coordination de Strasbourg contre la précarité
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Lundi 15 mai 2006 1 15 05 2006 20:55
Vu sur Indymedia Marseille

Occupation de l'ESPACE CULTURE Marseille par les IntermittentEs

DERNIERES NOUVELLES DES ACTIONS DES PROFESSIONNELS DU SPECTACLE


Occupation de l'ESPACE CULTURE depuis ce matin
43 LA CANEBIERE A MARSEILLE

> Pour venir rejoindre l'occupation: 06 20 20 78 25 ou 06 76 78 35 29


Dans le cadre de la signature prochaine de certains partenaires sociaux du protocole du 18 avril 2006. Préparons-nous à riposter.
Les grandes lignes du protocole:
- 507 heures sur 10 mois (annexes 8) ou 10,5 mois (annexe 10) ou 557 h. sur 11 mois (an.8) ou 531h ( an.10), 607 h ou 579 sur 12 mois, etc. Nous rappelons que selon l'Unedic en 2003, 45% des artistes effectuaient moins de 550 heures sur 12 mois.
- Les périodes de maladie ne sont pas prises en compte.
- Les heures d'enseignements de formation ne sont pas prises en compte pour les techniciens et réalisateurs et plafonnées à 55 heures pour les artistes.
- L'allocation minimum des annexes 8 et 10 est égale à 75% du SMIC, soit 30,44?. Dans le régime général, l'allocation minimale est égale à 62% du SMIC, soit 25,01?. Le niveau de l'allocation minimum pour les annexes 8 et 10 n'augmentera pas tant que celui du régime général ne l'aura pas rattrapé. Autrement dit l'allocation minimale des annexes 8 et 10 sera à plus ou moins court terme équivalent à celui du régime général, soit 62% du SMIC et non 75% ce qui représente une belle diminution des indemnités chômage. De plus la nouvelle formule de calcul de l'allocation journalière est basée sur cette fameuse allocation journalière minimum.
- Règle du décalage mensuel: 1 journée travaillée = 1,4 jours non indemnisés en annexe 8 et 1,3 jours en annexe 10. 10 jours travaillés = 14 jours non indemnisés en annexe 8 et 13 jours en annexe 10.
- Pour les artistes les journées sont ramenées à 10 heures. Là encore c'est une belle économie pour les Assedic. D'autant que cela va engendrer un décalage encore plus important des 243 jours d'indemnisation.


Pour ceux qui ne se sentent pas suffisamment informés:
a.. http://www.fnsac-cgt.com
b.. http://www.spectaclecgtpaca.free.fr
c.. http://www.spectaclecgtpaca.free.fr
voir le protocole du 18 avril :

a.. http://www.fnsac-cgt.com/actualite/2006/Prot1804_06.pdf
b.. Nous avons lu le protocole du 18 avril analyse et commentaires de la CIP-IDF:
http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=2777
Le ministère de la culture:
a.. communiqué du ministre de la culture en (dé)faveur des intermittents: http://www.culture.gouv.fr/culture/actualites/politique/intermittents/index-intermittents.htm

Par Coordination de Strasbourg contre la précarité
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Mardi 16 mai 2006 2 16 05 2006 00:10

Enquête CNE: les syndicats de la statistique dénoncent un délai insuffisant


Les syndicats des organismes publics de statistique ont dénoncé mercredi le délai "insuffisant" imparti à deux organismes - la Dares et l'Acoss - pour mener une enquête commandée par le ministre de l'Emploi sur les effets du contrat nouvelles embauches (CNE).

"La volonté du gouvernement d'avoir rapidement à sa disposition une mesure de l'effet du CNE a conduit le cabinet du ministre de l'Emploi à demander fin janvier le lancement d'une enquête de la Dares (ministère de l'Emploi, ndlr) et de l'Acoss (Sécurité sociale, ndlr) sur les effets du CNE. Il en attend des résultats en juin prochain", écrivent ces syndicats, dans un communiqué commun.

"Cette enquête ponctuelle (...) vise notamment, à partir d'une question portant sur l'opinion des chefs d'entreprise, à +approcher l'effet net sur l'emploi+ du dispositif du CNE", ajoutent-ils.

"Or, un délai aussi court est insuffisant pour évaluer un tel effet, les employeurs bénéficiant de modalités de rupture allégées pendant deux ans (aucune justification de rupture du contrat)", font-ils valoir.

En outre, "il s'agit d'une enquête d'opinion auprès de chefs d'entreprises et d'eux seuls", ont-ils ajouté.

"Le risque est grand que le gouvernement s'empare de ses résultats pour exhiber un chiffre de +créations nettes d'emplois+ dépourvu de toute signification réelle", mettent-ils en garde.

"Nous estimons que pour répondre à sa réputation d'impartialité, le Système statistique public doit disposer du temps et des moyens d'élaborer une information pertinente, répondant à des normes méthodologiques solides", disent-ils.

"A cette heure, aucune évaluation du CNE ne repose sur des faits, et aucun autre indice ne permet de dire qu'il a des effets en termes de créations nettes d'emplois".

Ce communiqué a notamment été signé par la CGT, SNU-TEF FSU et UNSA-STEFP de l'administration centrale du ministère de l'Emploi (DARES), la CGT de l'administration centrale du ministère de la Santé (Drees), le SGEN-CFDT et le SNPTES-UNSA du ministère de l'Éducation Nationale (DEP), les syndicats CGT, CFDT, SUD, CGT-FO de l'Insee et SUD, SNU-FSU et CGT de l'ANPE.

Par Coordination de Strasbourg contre la précarité
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Mardi 16 mai 2006 2 16 05 2006 00:11
CNE: des syndicats de la statistique dénoncent des pressions


mercredi 03 mai 2006 (Reuters - 20:49)

PARIS - Quatorze syndicats des organismes publics de statistique dénoncent des pressions politiques et un délai insuffisant pour mener l'évaluation du contrat nouvelles embauches (CNE) commandée par le gouvernement.

"Il n'y a pas aujourd'hui de mesure fiable des créations nettes d'emploi dues au CNE", assurent ces syndicats dans un communiqué commun publié en début de soirée.

"A cette heure, aucune évaluation du CNE ne repose sur des faits, et aucun autre indice ne permet de dire qu'il a des effets en terme de créations nettes d'emplois."

"Ce n'est qu'au terme des deux années correspondant au 'cycle de vie' complet d'un CNE que des études permettant de faire un premier bilan global des effets du CNE seront possibles", expliquent-ils.

"D'ici là, nous estimons que la plus grande prudence s'impose aux statisticiens et aux commentateurs dans leurs évaluations et analyses."

"Une enquête statistique sera bientôt disponible, mais ses résultats resteront d'une portée réduite", poursuivent les syndicats.

"La volonté du gouvernement d'avoir rapidement à sa disposition une mesure de l'effet du CNE a conduit le cabinet du ministre de l'Emploi à demander fin janvier le lancement d'une enquête sur les effets du CNE."

"Il en attend des résultats en juin prochain", mais "un délai aussi court est insuffisant pour évaluer un tel effet, les employeurs bénéficiant de modalités de rupture allégées pendant deux ans".

"Le risque est grand que le gouvernement s'empare de ses résultats pour exhiber un chiffre de 'créations nettes d'emplois' dépourvu de toute signification réelle", craignent-ils aussi, en remarquant qu'il s'agit d'une "enquête d'opinion auprès de chefs d'entreprises et d'eux seuls".

Les syndicats signataires, affiliés à la CGT, la CFDT, FO, la FSU, l'Unsa et Sud, représentent des agents des ministères de l'Emploi (Dares), de la Santé (Drees), de l'Education nationale (DEP), de l'Insee et de l'ANPE.

Par Coordination de Strasbourg contre la précarité
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Mardi 16 mai 2006 2 16 05 2006 00:17
dossier de presse
Paris, le 22 septembre 2005


Trouble des conduites
chez l’enfant et l’adolescent

Une expertise collective de l’Inserm


Oppositions, désobéissance et colères répétées, agressivité chez l'enfant, coups, blessures
dégradations, fraudes et vols chez l'adolescent : ces différents comportements caractérisent
le trouble des conduites. Considéré au plan clinique comme un facteur de risque de
délinquance sur lequel on peut agir, ce trouble des conduites ne doit cependant pas être
confondu avec la délinquance qui est un concept légal dont l’appréciation dépend des
pratiques policières ou judiciaires en cours.

Le dépistage, la prévention et la prise en charge médicale du trouble des conduites restent
insuffisants en France en regard de ses conséquences (risque de mort prématurée, troubles
associés…) et du coût pour la société (instabilité professionnelle, délinquance, criminalité…).

Afin d’aider à mieux définir les actions nécessaires en santé publique et en recherche, la
Canam (Caisse nationale d’assurance-maladie des professions indépendantes) a sollicité
l’Inserm pour réaliser, selon la procédure d’expertise collective, un bilan des connaissances
scientifiques et médicales sur le trouble des conduites chez l’enfant et l’adolescent1.

Quelle est la prévalence de ce trouble et la fréquence des troubles associés ? Quels sont les
facteurs de risque périnatals ? Comment interagissent les susceptibilités génétiques, le
tempérament, la personnalité avec l’environnement familial et social ? Comment dépister et
prévenir précocement ce trouble et quelles sont les thérapies efficaces ?

Autant de questions auxquelles le groupe d’experts réuni par l’Inserm, et associant des
compétences dans les domaines de la psychiatrie, psychologie, épidémiologie, sciences
cognitives, génétique, neurobiologie et éthologie a tenté de répondre, grâce à une analyse
critique approfondie des données nationales et internationales.

1 Ce travail vient compléter l’expertise collective sur les troubles mentaux publiée en 2002 et réalisée à
la demande de ce même organisme.


Mieux connaître le trouble des conduites et les troubles associés

Le trouble des conduites s’exprime par un comportement au cours duquel sont
transgressées les règles sociales ; il se situe à l’intersection de la psychiatrie, du domaine
social et de la justice.

Les classifications internationales caractérisent le trouble des conduites comme un trouble
mental accompagné de différents symptômes.

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Symptômes du trouble des conduites
Les symptômes du trouble des conduites se classent en quatre catégories :
-Conduites agressives envers des personnes ou des animaux
-Destruction de biens matériels sans agression physique
-Fraudes ou vols
-Violations graves de règles établies
Source : DSM-IV -Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders .
Contrairement à l’idée reçue, le trouble des conduites ne se manifeste pas uniquement à
l’adolescence mais également chez l'enfant, avec une forte stabilité du trouble dans le
temps. Ainsi les 2/3 des enfants présentant un trouble des conduites répondent toujours aux
critères diagnostics à l'adolescence.

Au cours du développement de l’enfant, ces symptômes s’expriment à la maison, à l’école
ou à l’extérieur, de manière spécifique selon l’âge de l’enfant et de l’adolescent. Ils doivent
être différenciés des conduites normales. Ainsi, les manifestations telles que les agressions
physiques, les mensonges ou les vols d’objets, relativement fréquentes chez le petit enfant,
ne deviennent « anormales » que si elles sont très fréquentes et perdurent au-delà de l’âge
de 4 ans.

Le groupe d’experts recommande que les professionnels de santé puissent prendre
connaissance des critères définissant le trouble des conduites à travers la formation initiale
et la formation continue. Les intervenants dans les services de protection maternelle et
infantile (PMI), les centres médico-psychologiques (CMP) et les centres médico-psychopédagogiques (CMPP), les services de l’aide éducative (AEMO) et le personnel médical de
l’Education nationale doivent être formés à la reconnaissance des symptômes du trouble des
conduites.

Au cours de son évolution, le trouble des conduites peut s’exprimer par des actes de
délinquance qui amènent l’enfant ou l’adolescent à être confronté au système judiciaire.

Le groupe d’experts recommande de favoriser les échanges entre les professionnels
de santé, les juges pour enfants et les juges aux affaires familiales pour une meilleure
information sur les caractéristiques du trouble des conduites.

.
Troubles associés
L’une des pathologies psychiatriques les plus fréquemment associées au trouble des
conduites est le trouble déficit de l’attention/hyperactivité (TDAH). Certaines études
épidémiologiques soulignent une continuité entre le TDAH de l’enfant et le trouble des
conduites apparaissant à l’adolescence. Le trouble oppositionnel avec provocation (TOP),
ensemble de comportements hostiles ou provocateurs, est également fréquemment associé
au trouble des conduites. Il est parfois même considéré comme un précurseur.

2



D’autres troubles mentaux tels que les troubles dépressifs ou anxieux peuvent être associés
au trouble des conduites. Un trouble dépressif pourrait intervenir dans la sévérité du trouble
des conduites et augmenterait le passage à l’acte suicidaire. Inversement, on observe un
effet modérateur des troubles anxieux sur la sévérité du trouble des conduites ainsi que sur
le fonctionnement antisocial. Cet effet bénéfique semble toutefois disparaître dans les
formes sévères du trouble des conduites, notamment celles retrouvées en population
carcérale.

L’usage de substances psychoactives est très souvent associé au trouble des conduites. La
précocité et la sévérité du trouble des conduites jouent un rôle déterminant dans l’initiation et
le maintien des conduites d’abus. Inversement, l’initiation précoce aux substances
psychoactives joue également un rôle significatif dans la sévérité du trouble des conduites.

.
Prévalence
Selon les classifications utilisées pour établir les diagnostics psychiatriques, les études de
prévalence distinguent généralement le trouble oppositionnel avec provocation (TOP) et le
trouble des conduites proprement dit dont on peut isoler une forme agressive et une forme
non agressive.

Prévalences du trouble oppositionnel avec provocation et du trouble des conduites

Enfant (5-12 ans) Adolescent (13-18 ans)
Filles (%) Garçons
(%)
Total (%) Filles (%) Garçons (%) Total (%)
Trouble oppositionnel
avec provocation
2-3 4-5 3-4 1-2 2-4 1-3
Trouble des conduites 0-3 1-2 2 2-5 5-9 3-9
-Forme agressive --<1 0 4 1-2
-Forme non agressive --1-2 --4-6
D’après les études internationales, on estime la prévalence du trouble des conduites à 5-9 %
chez les garçons de 15 ans en population générale. Chez les filles, la prévalence est plus
faible et les formes agressives sont très rares.

Les études réalisées dans des populations ayant commis des actes de délinquance montrent
chez les garçons des prévalences de 30 à 60% pour le trouble des conduites. Chez les filles,
les études, moins nombreuses, indiquent des prévalences équivalentes à celles des
garçons.

Compte tenu du problème de santé publique et du coût pour la société, connaître la
prévalence en France est indispensable pour définir des politiques de prévention et de prise
en charge cohérentes et efficaces.

Le groupe d’experts recommande de développer une étude épidémiologique auprès
d’un échantillon représentatif des enfants et adolescents en France. Cette étude
devrait permettre d’estimer la prévalence du trouble et de ses différents symptômes
(conduites agressives, destructions de matériels, fraude, violations de règles) selon
l’âge, le sexe et les troubles associés. Le groupe d’experts recommande de réaliser
également des études ciblées sur des populations à haut risque (milieu carcéral,
éducation spécialisée, zones urbaines sensibles…).

.
Âge de survenue et sévérité du trouble
Il est maintenant reconnu que les comportements d’opposition et d’agressivité s’expriment
normalement au cours de la petite enfance chez la plupart des enfants. Ces pratiques

3



prédominent jusqu’aux environs de la quatrième année puis tendent à se normaliser chez la
très grande majorité des enfants.

Les sujets qui ont un trouble des conduites à début précoce (avant 10 ans) manifestent un
niveau élevé d’agressivité physique durant toute leur l’enfance. Ce sont le plus souvent des
garçons qui risquent de développer un trouble de la personnalité à l’âge adulte. Les sujets
qui ont un trouble des conduites à début tardif (après 10 ans) n’ont généralement pas
présenté ce niveau élevé d’agressivité physique au moment de l’enfance. Ils sont à faible
risque de trouble de la personnalité à l’âge adulte.

Pourquoi certains enfants conservent-ils un comportement agressif et antisocial ? Le
groupe d’experts recommande d’étudier en France une cohorte d’enfants de la
période anté-natale à l’adolescence pour appréhender les effets des événements
précoces, la transformation des symptômes au cours du développement, l’apparition
des troubles associés et l’impact de ces troubles sur l’adaptation sociale.

Identifier les facteurs de risque

.
Rôle de la période prénatale et périnatale
Différents événements au cours de la période prénatale puis périnatale ont été identifiés
comme facteurs susceptibles d’augmenter le risque de survenue ultérieure d’un trouble des
conduites. Toutefois, il semble probable que l’influence de ces événements précoces soit
peu spécifique et que l’interaction avec d’autres facteurs de risque, tels que les facteurs
génétiques, détermine le type de trouble.

Les facteurs empiriquement associés au trouble des conduites sont : antécédents familiaux
de trouble des conduites, criminalité au sein de la famille, mère très jeune, consommation de
substances psychoactives pendant la grossesse, faible poids de naissance, complications
autour de la naissance...

Le groupe d’experts recommande un repérage des familles présentant ces facteurs de
risque au cours de la surveillance médicale de la grossesse. Il préconise de
promouvoir la rencontre au sein des maternités de différents professionnels
concernés par la prévention pour aborder avec les parents les soins nécessaires à
l’enfant.

.
Facteurs génétiques
Dans le trouble des conduites comme dans toute pathologie multifactorielle, les facteurs
génétiques augmentent un risque, modifient l’expression d’un trouble, et sont à appréhender
dans une dynamique d’interactions avec les autres facteurs de risque. Les études
épidémiologiques permettent d’évaluer la part de la susceptibilité génétique et la part
environnementale spécifiques au trouble des conduites, au trouble oppositionnel avec
provocation (TOP) et au trouble déficit de l’attention/hyperactivité (TDAH).

Le premier indice révélant l’existence d’un facteur héréditaire dans la transmission d’un
trouble chez l’enfant est l’augmentation du risque chez les apparentés d’un sujet atteint.
Ainsi, le fait d’être apparenté à un enfant hyperactif augmente le risque de présenter un
troubles des conduites et un TOP. Ceci suggère bien une base étiologique commune à ces
trois troubles.

Les études qui permettent le mieux d’évaluer l’héritabilité du trouble des conduites, c’est-àdire la part relative des facteurs génétique en cause, sont les études de jumeaux et les
études d’adoption. L’héritabilité pour le trouble des conduites et le TOP est de l’ordre de
50 %, contre 75% pour le TDAH. Au sein des symptômes du trouble des conduites, les
conduites d’agression physique sont les plus héritables. La recherche des gènes de

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vulnérabilité est encore balbutiante et les résultats des études sont très hétérogènes. Les
études les plus concluantes mettent en évidence des associations spécifiques entre certains
gènes de récepteurs dopaminergiques et le TDAH associé au trouble des conduites ou le
TOP associé à l’abus de substance psychoactive.

Actuellement, se développent des études qui prennent en compte les interactions gènes-
environnement (événements de vie par exemple) dans la génétique du trouble des
conduites.

Le groupe d’experts recommande de poursuivre ces études pour comprendre
comment les facteurs génétiques communs au trouble des conduites, au TDAH et au
TOP interagissent avec des facteurs environnementaux spécifiques à chacun des
troubles.

.
Tempérament et personnalité
Des facteurs individuels comme le tempérament et la personnalité peuvent être impliqués
dans l’apparition, le maintien et la sévérité du trouble des conduites. L’agressivité, l’indocilité,
et le faible contrôle émotionnel pendant l’enfance ont été décrits comme prédictifs d’un
trouble des conduites à l’adolescence, indépendamment du contexte familial et des pairs.
L’impulsivité, qui freine la mise en place des processus de socialisation, se retrouve dans les
formes sévères de trouble des conduites.

Un profil combinant une forte « recherche de nouveauté », une absence de fatigabilité ou de
timidité et un faible niveau de maturité individuelle pourrait caractériser spécifiquement le
trouble des conduites.

Des traits de caractère tels que la froideur affective, la tendance à la manipulation, le
cynisme, l’agressivité sont mentionnés comme associés à la précocité des agressions, la
persistance du trouble à l’adolescence et à une personnalité antisociale à l’âge adulte.

Une incompatibilité trop importante entre le tempérament de l’enfant (impulsivité, faibles
capacités d’inhibition) et les exigences de son entourage se manifestant par un style éducatif
inadapté (permissif, coercitif…) pourrait contribuer au développement d’un trouble des
conduites.

Le groupe d’experts recommande d’étudier l’influence de l’attitude parentale face au
tempérament de l’enfant, dans l’apparition du trouble des conduites, de même que le
rôle, en amont, de l’attachement précoce aux deux parents.

.
Facteurs environnementaux
Différents facteurs en lien avec la famille ou l’environnement psychosocial sont associés au
risque de trouble des conduites chez l’enfant et l’adolescent.

Plusieurs études ont rapporté un lien entre la présence d’un trouble des conduites chez
l’enfant et l’existence d’une personnalité antisociale chez les parents. Les enfants dont les
pères avaient à la fois une dépendance, en particulier à l’alcool, et une personnalité
antisociale présentaient un risque élevé de trouble des conduites et de trouble déficit de
l’attention/hyperactivité (TDAH).

Un certain nombre d’études rapportent également l’influence d’autres troubles mentaux chez
les parents, qu’il s’agisse des troubles du comportement du père, de la mère ou du couple,
de la dépression maternelle post-partum, ou de toxicomanies.

De nombreux auteurs s’accordent à dire que les comportements agressifs et violents
rencontrés dans les milieux précaires dépendent de la coexistence de plusieurs facteurs de
risque. La fréquentation de pairs délinquants multiplie par deux le risque de persistance de
comportements agressifs et délinquants à l’adolescence. Les enfants entretiennent entre eux
un renforcement de leurs comportements antisociaux, parfois en réponse au rejet de leurs

5



pairs. L’absentéisme, les incivilités à l’école et les situations d’échec scolaire ont été reliés
au trouble des conduites.

Le groupe d’experts recommande d’informer les enseignants sur les différentes
expressions comportementales du trouble des conduites et de les sensibiliser à une
collaboration avec les professionnels de santé pour une intervention plus précoce
auprès des enfants et adolescents.

De très nombreux travaux de recherche ont démontré un lien significatif entre l’exposition à
la violence véhiculée par les médias et les comportements d’agression des jeunes. Les
études récentes confirment que l’exposition à la violence télévisuelle à l’âge de 8 ans est
hautement prédictive de comportements agressifs à long terme. Cette relation est maintenue
indépendamment du quotient intellectuel et du statut socioéconomique des sujets.

Le groupe d’experts souligne l’intérêt d’informer les familles sur les effets
potentiellement néfastes des spectacles télévisés ou des jeux vidéo véhiculant un
contenu violent, et ceci plus particulièrement chez les enfants exprimant déjà des
comportements violents ou une attirance pour ce type de divertissement.

.
Déficits neurocognitifs
Deux types de déficit neurocognitif semblent impliqués dans le trouble des conduites chez
l’enfant et l’adolescent : le déficit des habiletés verbales et le déficit des fonctions exécutives.

Les enfants et adolescents présentant un trouble des conduites se caractérisent par un faible
niveau verbal en regard de leurs autres compétences. Ce déficit représente l’un des facteurs
de risque les plus importants des conduites délinquantes à l’âge adulte. En effet, un mauvais
développement du langage entrave la mise en oeuvre d’une bonne sociabilité, gène la qualité
de la communication et favorise l’expression de réactions défensives de l’enfant. Par ailleurs,
associé à un faible niveau de réussite scolaire (difficulté en lecture et troubles des
apprentissages), il majore les réactions négatives de l’enfant.

Le déficit des fonctions exécutives se traduit par une difficulté à réaliser des tâches dirigées
vers un but et incluant le contrôle de l’attention, la capacité à sélectionner et à élaborer un
plan d’action. Il est signalé chez les enfants présentant un trouble des conduites associé à
des comportements violents.

Le groupe d’experts recommande de rechercher les correspondances entre les
déficits cognitifs et les différents symptômes du trouble des conduites, en fonction de
l’âge et du sexe de l’enfant.

Prévenir, dépister et traiter le trouble des conduites

.
Programmes de prévention
Il existe peu de programmes de prévention portant spécifiquement sur le trouble des
conduites. La plupart vise la prévention de la délinquance, des comportements agressifs ou
de la violence en général. Une vingtaine de programmes développés dans les pays anglosaxons ont montré leur efficacité en terme de baisse de la violence. Le programme peut
s’intéresser à la petite enfance, l’enfance ou l’adolescence en ciblant les parents, les
enfants, les enseignants et en intégrant différentes méthodes. Il peut s’adresser à l’ensemble
de la population ou à un sous-groupe sans facteur de risque identifié, à un groupe
présentant des facteurs de risque familiaux sociaux ou environnementaux ou encore à des
personnes présentant les premiers symptômes du trouble des conduites.

6



Méthodes de prévention validées du trouble des conduites durant l’enfance et l’adolescence

Cibles Méthodes de prévention
Jeunes Développement des compétences sociales, cognitives
et émotionnelles
Parents Formation parentale : discipline positive, gestion de la
colère de l’enfant, communication…
Enseignants Formation : enseignement coopératif, résolution de
problèmes, association comportement/récompense…
Environnement Amélioration de l’environnement scolaire
Il existe probablement en France des interventions isolées et ponctuelles s’inscrivant dans le
champ de la prévention des comportements violents mais celles-ci ne sont pas répertoriées
et évaluées.

Le groupe d’experts recommande de recenser les expériences de prévention des
comportements agressifs, antisociaux et de délinquance développés en France et de
les compléter par des méthodes de prévention ayant été validées au niveau
international. À la suite d’expériences pilotes concluantes, les experts préconisent de
généraliser les interventions au sein des structures éducatives existantes (PMI,
crèches, écoles…) en formant le personnel éducatif à ces méthodes de prévention
(puéricultrices, éducateurs, enseignants…).

.
Prévention ciblée sur la petite enfance
Pendant les premières années, la majorité des enfants apprend à développer des
comportements alternatifs à l’agressivité qui est une caractéristique normale de la petite
enfance. Certains enfants conservent toutefois des comportements violents, en relation avec
des facteurs de risque (individuels, familiaux, environnementaux…). Les données les plus
récentes indiquent que ces comportements caractérisant le trouble des conduites s’installent
très tôt au cours du développement de l’enfant.

Des méthodes d’intervention ciblant la petite enfance (0-3 ans) préconisent des visites à
domicile afin de soutenir les parents dans l’apprentissage des soins à donner aux enfants.
Ces interventions qui favorisent le développement des compétences sociales, cognitives et
émotionnelles des enfants ont fait la preuve, dans plusieurs pays, de leur efficacité dans la
prévention de la violence et du trouble des conduites. Les programmes qui commencent
pendant la grossesse et qui se poursuivent jusqu’à la troisième année de l’enfant semblent
les plus efficaces.

Le groupe d’experts recommande de favoriser les interventions dans les familles à
risque, en particulier chez les jeunes mères primipares à faible niveau d’éducation et
en situation de précarité. Alors que la France dispose d’un réseau bien structuré de
services aux jeunes enfants et à leur famille (services de PMI, crèches, écoles
maternelles…), peu de programmes de ce type sont mis en oeuvre aujourd’hui. Ces
structures pourraient être des lieux appropriés pour ces programmes.

.
Dépistage précoce
Les examens de santé en France se déroulent depuis la grossesse jusqu'à l’adolescence
avec des bilans systématiques pour l’enfant (8e jour, 9 mois, 24 mois, 5-6 ans).

Le groupe d’experts recommande d’utiliser le dispositif actuel des bilans de santé et
des examens systématiques de la petite enfance, de l’enfance et de l’adolescence
pour dépister les signes précurseurs de trouble des conduites et identifier les facteurs
de risques familiaux ou environnementaux très précocement, voire dès la grossesse.

Quelques items proposés dans le carnet de santé, adaptés à l’âge pourraient faciliter le

7



repérage d’un tempérament difficile, d’une hyperactivité et des premiers symptômes de
trouble des conduites. Une sensibilisation des puéricultrices, des éducateurs au sens large
et des médecins scolaires permettrait d’orienter les enfants vers une intervention adaptée en
fonction des trajectoires perturbées de développement. Pour les enfants nés dans des
familles présentant des troubles (troubles de la personnalité, toxicomanie,
alcoolodépendance…) le groupe d’experts recommande de mettre en place un suivi
par les services de PMI ou le personnel médical de l’école.

Les adolescents présentant des symptômes de trouble des conduites doivent bénéficier d’un
diagnostic et d’une recherche de troubles associés. Un suivi psychologique et
psychiatrique doit être proposé aux adolescents incarcérés et tout particulièrement à
ceux ayant effectué une tentative de suicide.

.
Diagnostic clinique approfondi
Le diagnostic de trouble des conduites chez l’enfant et l’adolescent nécessite une évaluation
à partir de plusieurs sources d’information (enfants, parents, enseignants…), prenant en
compte l’histoire et le mode de fonctionnement familial. Le trouble doit être évalué
cliniquement du point de vue de sa sévérité et du retentissement du handicap sur le
fonctionnement personnel (physique et psychologique) ainsi que social et scolaire.

Il est nécessaire également d’évaluer les troubles associés : ceux qui sont proches (trouble
oppositionnel avec provocation, trouble déficit de l’attention/hyperactivité…) ou d’autres
troubles mentaux (trouble bipolaire, troubles dépressifs, troubles anxieux, abus et
dépendance aux substances psychoactives).

Le groupe d’experts recommande d’effectuer, chez les enfants et adolescents
présentant des symptômes de trouble des conduites, un diagnostic clinique
rigoureux, à l’aide de plusieurs outils de diagnostic et d’évaluation validés, et en
faisant appel comme informateurs à la fois aux parents, à l’enfant lui-même et aux
différents éducateurs.

Les experts préconisent des évaluations régulières réalisées de préférence par une
équipe pluridisciplinaire, étant donné la variabilité des manifestations
comportementales au cours du développement. Le diagnostic doit guider les
indications pour les stratégies préventives ou de traitement, en fonction des
symptômes identifiés.

.
Prise en charge psychothérapique
La prise en charge du trouble des conduites doit, dans la mesure du possible, associer des
modalités multiples – car complémentaires – de traitement. Les modalités de prise en charge
dites « psychosociales » intègrent des interventions à la fois parentales, concernant l’enfant
lui-même et parfois les enseignants. L’objectif de cette prise en charge est multiple :
développer un système de soutien pour l’ensemble de la famille, limiter les contacts de
l’enfant présentant un trouble des conduites avec des pairs « antisociaux », augmenter le
soutien scolaire et les interactions avec les enseignants. Appliquée à l’enfant ou l’adolescent,
la thérapie consiste à lui apprendre des stratégies de résolution de problèmes grâce à des
jeux de rôles et des mises en situation.

Le groupe d’experts recommande de mettre en oeuvre et d’adapter au contexte
français les approches psychosociales en comparant les effets de différents types de
thérapie.

.
Traitement pharmacologique
Le traitement pharmacologique du trouble des conduites intervient souvent en seconde
intention, sauf situation d’urgence (violence, agressivité…).

8



Il n’existe pas de traitement pharmacologique spécifique, a fortiori curatif du trouble des
conduites. Des traitements peuvent néanmoins être proposés, qui ont pour l’essentiel une
action anti-agressive. Globalement, trois grandes classes thérapeutiques ont été évaluées :
les antipsychotiques, les psychostimulants et les thymorégulateurs. Les antipsychotiques ont
l’avantage d’agir rapidement ; les psychostimulants assurent un meilleur contrôle
comportemental en diminuant l’impulsivité ; les thymorégulateurs sont particulièrement
indiqués lors d’une association à un trouble bipolaire.

Le groupe d’experts recommande de développer de nouveaux essais cliniques avec
des associations de médicaments et de nouvelles molécules.

Les travaux chez l’animal et chez l’homme mettent en évidence que différents
neuromédiateurs (sérotonine, dopamine, GABA, neuropeptides…) sont impliqués dans
l’impulsivité, l’agressivité et le passage à l’acte violent. Les recherches en neurobiologie,
avec l’apport des modèles animaux, permettront de mieux comprendre l’implication de ces
différents systèmes neurobiologiques et d’identifier des molécules susceptibles de réduire
les comportements agressifs et impulsifs grâce à leur action sur les neuromédiateurs.

Qu'est-ce que l'Expertise Collective Inserm?

L'Expertise Collective Inserm a pour objet de faire le point, dans un domaine précis, sur
l'ensemble des connaissances scientifiques et médicales à partir de l'analyse de toute la
littérature scientifique internationale.
Pour répondre à la question posée, l'Inserm réunit un groupe pluridisciplinaire d'experts
reconnus composé de scientifiques et de médecins. Ces experts rassemblent, analysent
les publications scientifiques (plus de 1 000 articles et rapports scientifiques et médicaux
pour cette expertise collective) et en font une synthèse.
Des «lignes forces» sont dégagées et des recommandations élaborées afin d'aider le
commanditaire de l'expertise dans sa prise de décision.

Qui a réalisé cette expertise ?

Groupe d’experts et auteurs

Charles COHEN-SALMON, Vulnérabilité, adaptation et psychopathologie, CNRS UMR 7593,
Centre hospitalier universitaire Pitié Salpêtrière, Paris
Sylvana COTE, École de psychoéducation, Université de Montréal, Canada

Pierre FOURNERET, Institut des Sciences Cognitives, UMR5015, CNRS, UCBL1, Bron
Isabelle GASQUET, Troubles du comportement alimentaire des adolescents, Inserm U669 et
Direction de la Politique Médicale, AP-HP, Paris

Antoine GUEDENEY, Pédopsychiatrie, Centre hospitalier universitaire Bichat-Claude Bernard,

AP-HP Paris VII, Paris
Michel HAMON, Neuropsychopharmacologie, Inserm U677, Centre hospitalier universitaire
Pitié-Salpêtrière, Paris

Béatrice LAMBOY, Institut national de prévention et d’éducation pour la santé, Saint-Denis

Marie-France LE HEUZEY, Psychopathologie de l’enfant et de l’adolescent, Hôpital Robert
Debré, Paris
Grégory MICHEL, Département de psychologie, Université François Rabelais, Tours et

Psychopathologie de l’enfant et de l’adolescent, Hôpital Robert Debré, Paris

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Jean-Philippe RENERIC, Service universitaire de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent,
Centre hospitalier Charles Perrens, Bordeaux

Richard E TREMBLAY, Chaire de recherche du Canada sur le développement de l’enfant,
Université de Montréal, Canada, et Faculté des sciences sociales, Université d’Utrecht,
Pays-Bas

Mathias WOHL, Analyse phénotypique, développementale et génétique des comportements
addictifs, Inserm U675 et Hôpital Louis Mourier, AP-HP Paris VII, Colombes

Ont été auditionnés

Catherine BLATIER, Psychologie clinique et pathologique, Université de Grenoble

Michel BORN, Psychologie de la délinquance et du développement psychosocial, Université
de Liège, Belgique

Marie CHOQUET, Troubles du comportement alimentaire des adolescents, Inserm U669,
Maison des Adolescents, Hôpital Cochin, Paris

Jacques FORTIN, Service d’épidémiologie et de santé publique, Hôpital Calmette, Lille

Laurent MUCCHIELLI, UMR 2190, Centre de recherches sociologiques sur le droit et les
institutions pénales, Guyancourt

Nadine NEULAT-BILLARD, Direction de l’enseignement scolaire, Ministère de l’éducation
nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, Paris

Bernard RIBIOLET, Délégation interministérielle à la ville et au développement social urbain,
Saint-Denis La Plaine

Coordination scientifique

Centre d'expertise collective Inserm, Paris, sous la responsabilité de Jeanne ETIEMBLE

.
Contact presse Inserm
Anne Mignot
Tél : 01 44 23 60 73
Fax : 01 45 70 76 81
Mél : presse@tolbiac.inserm.fr

Cette expertise collective est publiée sous le titre :

« Troubles des conduites, chez l’enfant et l’adolescent »

Editions Inserm 2005, 430 pages, 48 euros

.
Contact Editions
Brigitte Durrande
Editions Inserm
101, rue de Tolbiac
75654 Paris cedex 13
Tél : 01 44 23 60 78/82
Fax : 01 44 23 60 69
E-mail : durrande@tolbiac.inserm.fr
Par Coordination de Strasbourg contre la précarité
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Mardi 16 mai 2006 2 16 05 2006 09:19
Pétition nationale
Nous les prenons sous notre protection !



Venez la signer en AG!!


Appel du Réseau Éducation Sans Frontières - www.educationsansfrontieres.org

Pour des milliers d’enfants et de jeunes majeurs, le 30 juin 2006 ne
marquera pas le début des vacances d’été, mais bien le
commencement d’un calvaire. En effet, à cette date, le sursis que

M. Sarkozy avait dû accorder aux jeunes majeurs sans papiers
scolarisés et aux parents d’enfants scolarisés tombera. Suspendues
parce que les mobilisations d’écoles et de lycées se multipliaient,
les expulsions reprendront.
Ainsi, en guise de vacances, des milliers de jeunes et d’enfants
joueront aux fugitifs, en vrai, avec ou sans leurs parents, guettant
les bruits de pas à l’heure du laitier, tremblant à la vue d’un
uniforme et vivant dans la hantise de perdre à jamais leur école,
leurs enseignants, leurs copains. S’ils sont arrêtés, le grand jeu de
leur été sera un petit rôle dans un film policier sordide :
l’interpellation, seul ou en famille, les parents rudoyés, 48 heures
de garde à vue dans une cellule de commissariat puis deux ou
quatre semaines en rétention, crasse, bruit, violence et promiscuité
assurés, et, pour finir, un aller-simple vers un pays qu’ils ne
connaissent pas ou plus, dont certains ne parlent pas (ou plus) la
langue, papa-maman menottés, entravés comme des bêtes et
attachés à leurs sièges.

A l’arrivée, ce sera pour la plupart l’extrême misère : pas de
logement ou le bidonville, pas de travail et pas d’espoir d’en
trouver. Des persécutions, parfois les plus atroces, contre ceux que
la France a débouté du droit d’asile. Ils paieront pour les raisons
pour lesquelles ils avaient fui et certains pour avoir dénoncé leurs
tortionnaires à l’étranger. Pour les enfants, pas d’école, dans des
pays où la scolarisation est un luxe. C’est ce gâchis qui se cache

derrière les chiffres records d’expulsions annoncés avec satisfaction
par le ministre de l’Intérieur : des milliers de vies propulsées dans
l’indigence et parfois achevées sous la torture !

Nous ne laisserons pas détruire la vie de ces enfants, de ces
adolescents et de leurs parents. Ils sont nos élèves, les copains de
nos élèves ou de nos enfants. Ils ont commencé d’étudier dans ce
pays, ils en parlent la langue, ils ont les mêmes joies et, hélas, des
soucis bien plus grands que les camarades de leur âge. S’ils décident
(ou, pour les plus jeunes, si leurs parents décident) d’échapper à
une expulsion honteuse, nous les y aiderons comme nous avons aidé
Rachel et Jonathan à Sens, Samuel à Pau, Ming et Wei-Ying à Evreux.
Nous sommes solidaires de ceux qui les accueilleraient. S’ils
demandent asile, nous ne fermerons pas notre porte.

Cela contrevient aux lois en vigueur. Mais l’enseignement que nous
avons à dispenser à nos élèves ou l’éducation que nous devons à nos
enfants ne peut pas être l’exemple de la soumission à un ordre
injuste. Chacun a en mémoire les épisodes où face à des
persécutions insupportables, chacun a dû faire des choix. Et où ne
pas choisir était choisir de laisser faire. Et pas seulement dans les
périodes de dictature. Rosa Parks, emprisonnée à Atlanta en 1955
pour avoir enfreint les lois ségrégationnistes aurait-elle dû se
soumettre au prétexte que ces lois avaient été
« démocratiquement » prises ? Le général Paris de la Bollardière,
mis aux arrêts pour avoir dénoncé les tortures de l’armée française
en Algérie, aurait-il dû se taire parce que la France était une
démocratie ?

Nous ne laisserons pas se commettre des infamies en notre nom.

Le 30 juin 2006, le sursis accordé aux élèves sans papiers et à leurs parents tombera. Des milliers
d’enfants, de jeunes et leurs familles risquent l’expulsion en masse, verront leur avenir et leur
vie même anéantis. Nous ne laisserons pas commettre ces infamies en notre nom. Chacun avec les
moyens qui sont les nôtres, nous leur apporterons notre soutien, notre parrainage, notre
protection. S’ils nous demandent asile, nous ne leur fermerons pas notre porte, nous les
hébergerons et les nourrirons ; nous ne les dénoncerons pas à la police.
Par Coordination de Strasbourg contre la précarité
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