Actualités - Nous

Mardi 16 mai 2006

Réamorcer la critique sociale dans l’espace universitaire


Une lutte sociale de fond ne s’organise pas sans moyens d’action adéquats capables de fédérer des personnes autour d’idées et de connaissances.

Ces moyens d’actions trouvent peut-être, en l’état actuel des rapports de force, un sens inouï lorsqu’ils sont dirigés vers des lieux et vers des buts qui sortent de l’ordinaire, c’est-à-dire à des fins qui sont justement extra-ordinaires. Amener les conditions d’une possible prise de conscience sur l’état de déréliction et de délitement social, c’est tenter de mettre en place (publique) les conditions de production d’un autre discours sur le monde social tel qu’il est communément vécu.


L’action « petits déjeuners », menée devant le patio de l’Université Marc Bloch à Strasbourg, remplit ainsi différentes fonctions motrices en mesure de contribuer à ce que se poursuivent, sur d’autres modalités, les luttes sociales entamées depuis près de quatre mois.

D’abord, cette action rend visible, aux yeux des étudiants assourdis et enclavés dans les logiques de réussite individuelle (davantage mises en avant par la réforme LMD), l’expression continue des voix en lutte contre les injures « légales » émises par un gouvernement toujours plus intéressé par les perspectives économiques et discriminatoires que par les réalités humaines. Ensuite, ce lieu convivial ouvert à tous permet de rencontrer, puis d’échanger avec différentes personnes, a priori loin des préoccupations dites politiques, sur les logiques qui nous animent : la volonté profonde de révolutionner un système où la désinformation médiatique renforce les logiques opératoires d’un pouvoir omnipotent et inhumain.

A la table distribuant, à prix libres (pour rompre avec les automatismes de l’économie marchande instituée), cafés, jus d’orange et viennoiseries, est accolée une table de presse, mise à la disposition de tous, qui offre ainsi la possibilité de discuter les informations tout en proposant (par le biais de tracts, de synthèses de textes juridiques, etc.) d’autres visions critiques sur ces questions d’une actualité toujours manipulée.

Enfin, point d’ancrage minimum d’une activité engagée, ces petits déjeuners manifestes, en réinvestissant l’espace public pour fédérer des consciences nouvelles à d’autres fins que celles auxquelles les confinaient les orientations premières des normes urbanistiques implicites, sont autant d’occasions d’organiser plus précisément les divers moments de l’activité militante de la journée (Assemblée Générale, réunions des commissions, actions diverses, etc.).


On le constate, les étudiants impliqués dans le mouvement de lutte ne sont ni les « fumistes » ni les « dilettantes » fustigés par les hommes politiques et la majorité des médias. Ce sont, au contraire, des personnes ayant une haute conscience des aberrations « légales » (votes de textes de lois iniques, répression policière abusive, etc.) qui se déroulent sous leurs yeux ; des gens qui se lèvent tôt, qui lisent et relisent les rapports officiels et les textes produits par l’Assemblée Nationale, qui tâchent, pendant une grande partie de la journée, de forger des savoirs critiques, bref, des personnes qui, luttant contre le défaitisme ambiant et avec les quelques moyens dont ils disposent, partagent les revenus de leur maigre condition sans être payés en retour, sinon par la puissante conviction d’avoir raison de mener une action réellement politique.


N.B. Dans l’esprit de l’action « petits déjeuners », la coordination de Strasbourg contre la précarité organise, mercredi le 17 mai 2006 à 15 h. place Kléber à Strasbourg, un « goûter » avec lâcher de ballons et surprises diverses à la clef.



Coordination de Strasbourg contre la précarité

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Dimanche 21 mai 2006

La Coordination de Strasbourg contre la loi sur l’« immigration jetable »

 

Avalisée mercredi 17 mai 2006 par l’Assemblée Nationale dans une indifférence quasi-générale, la loi de Nicolas Sarkozy sur l’« immigration choisie » couronne trente ans au moins de mesures légales visant à réguler, à encadrer l’immigration, à réduire l’immigré à une force de travail, au détriment de toute autre forme d’existence sociale, et, par là, à assurer l’optimisation économique de sa présence sur le territoire national ; bref, à générer une « immigration jetable ». Produite mécaniquement par une pensée d’Etat structurée autour d’une division arbitraire et systématiquement inégalitaire entre « nationaux » et « non-nationaux », et s’imposant d’autant plus aisément que cette division semble pour beaucoup « aller de soi », cette loi fascistoïde institutionnalise un contrôle social rationalisé sur une fraction de la population, véritable matrice pour un contrôle social généralisé permettant aux dominants de mieux surveiller et punir. Loin pour autant d’être isolée, elle procède de la même logique néolibérale orchestrant méthodiquement la précarisation de toutes les couches de la population au profit de quelques nantis, qu’elle passe par la réforme LMD et les normes SANREMO pour l’Université, le CNE pour les salariés, la « loi pour l’égalité des chances », les projets, issus des scandaleux travaux de l’INSERM, pour la « prévention de la délinquance » chez les plus jeunes, etc. C’est pourquoi la Coordination de Strasbourg contre la précarité, qui a toujours cherché l’unification des luttes et des revendications, qui a toujours évité le cloisonnement des problèmes sociaux, bien fait pour favoriser le jeu d’une domination politico-économique qui, elle, se déploie sur tous les fronts à la fois, a inclus très tôt dans ses revendications le retrait de ce qui n’était alors qu’un projet de loi. Et ce discours, notre discours, aurait probablement eu plus d’écho et plus d’impact si l’information partielle et partiale des médias n’avait pas unilatéralement sélectionné dans notre lutte l’une seulement de nos revendications (concernant le CPE), névralgique certes, mais toujours clairement insérée dans un ensemble de combats. Il est toujours aussi nécessaire de se débarrasser des œillères d’un réformisme négociateur et prêt aux compromissions, qui enrobe la misère sociale d’un baume anesthésiant, pour créer des nouvelles voies de luttes politiques, de révoltes sociales et de résistances émancipatrices. L’indignation morale individuelle ne suffit plus : il s’agit maintenant de s’organiser à nouveau pour une lutte collective, globale et radicale.

 

Coordination de Strasbourg contre la précarité

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Dimanche 21 mai 2006

Précisions sur l’action « goûter » du 17 mai 2006, place Kléber

 

Le traitement du « goûter » du 17 mai 2006 place Kléber, réalisé par 20 minutes (édition du 18 mai 2006, « Grand Strasbourg », p. 3), révèle, s’il en était encore besoin, les problèmes que (nous) pose la presse. Un encart plus important que ceux qui étaient dévolus, depuis quelques temps, aux actions de notre mouvement et une photo en couleurs ne sont pas des hochets suffisants pour apaiser notre esprit critique à l’endroit des médias. Les informations que publie 20 minutes au sujet de ce « goûter » sont en effet fausses pour certaines et incomplètes pour d’autres. L’ESTES, quoique très intéressée par une action commune au début du mouvement, ne nous a, depuis près d’un mois, presque plus donné signe de vie, excepté, de temps à autres, par le biais de quelques uns de ses membres qui se sentent encore impliqués personnellement. Que l’ESTES soit concernée, en priorité, par les conséquences liberticides et délétères « d’un dépistage des délinquants », nul n’en peut douter. Mais qu’un article aussi mince lui consacre autant de place, alors qu’elle se manifeste si peu, alors que sa part dans le mouvement a été si minoritaire, alors qu’elle n’a en rien participé à la mise en place du « goûter », et alors qu’il y aurait tant à dire sur nos actions, a de quoi étonner sauf, bien sûr, si cela vise à donner du mouvement une image de suivisme, de division et d’éclatement. D’autre part, l’article de 20 minutes tend à présenter le « goûter » du 17 mai sous le seul signe d’une action contre le dépistage de la délinquance chez les plus jeunes. Certes, cette manifestation a été le moyen de mettre en avant cette dénonciation, notamment en diffusant un tract informel à tous ceux des passants que notre action paraissait toucher. Mais, à l’instar de toutes les actions qui l’ont précédée, et de toutes celles qui suivront, il s’agissait de faire passer avec celle du 17 mai l’idée que notre lutte, quoique unie, est plurielle. Pour mémoire, rappelons que notre dénomination est Coordination de Strasbourg contre la précarité, non contre une précarisation en particulier. Au reste, un mail envoyé la veille à 20 minutes, par nos soins, précisait, outre le rendez-vous place Kléber, l’ampleur résolue de nos actions, ce, par une réflexion à partir des « petits déjeuners » proposés devant le Patio de l’Université Marc Bloch : il a été visiblement ignoré, attitude qui en dit long sur une presse qui relaie de façon très conciliante les communiqués des dominants et à peu près jamais ceux des dominés. Ce tri dans les informations est typique du traitement médiatique, et témoigne, chez les tenants de la « liberté d’expression », d’une déficience systématique dans le relais d’idées s’inscrivant, elles, radicalement à contre-courant de l’ordre du discours établi. Après donc avoir présenté le mouvement comme une usine à gaz, la presse, notamment par le truchement de 20 minutes, tente donc de le réduire à un seul combat, comme cela avait déjà été le cas lorsqu’elle avait insisté sur la seule nécessité d’abattre le CPE, alors qu’il y avait et qu’il y a tant d’autres luttes à mener et à gagner.

 

 

Coordination de Strasbourg contre la précarité

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Jeudi 25 mai 2006

Marre de l'opacité de l'Etat,

marre du manque de dialogue,

marre du nucléaire et

marre de la répression des militants!!!!


Diffusons le document confidentiel-défense !!

 

La garde-à-vue de 14h de Stéphane Lhomme, porte-parole du réseau "Sortir du Nucléaire", pour la diffusion d’un document confidentiel-défense relatif à la non-résistamce de l’EPR à un crash d’avion de ligne, atteste, s’il en était encore besoin, de l’opacité et de l’absence de dialogue de l’Etat français concernant le nucléaire.

Débat public truqué sur l’EPR dont la construction est décidée un an auparavant, absence de référendum sur les choix énergétiques, vote éclair par une vingtaine de députés de la loi d’enfouissement des déchets, refus de reconnaître la contamination des populations de Polynésie et du Sahara algérien après les essais nucléaires, soi-disante imperméabilité de la frontière lors du nuage de Tchernobyl, … Bref, la liste est longue et les mensonges ne font qu’augmenter.

Il est temps de réagir, demain il sera trop tard. Téléchargez-le et diffusez-le autour de vous!


Télécharger le document confidentiel-défense

Télécharger une analyse critique du document faite par Greenpeace
Par Coordination de Strasbourg contre la précarité
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Jeudi 25 mai 2006

Rapport des journées d’action du 19 au 21 mai 2006

 

 

La Coordination de Strasbourg contre la précarité a tenté de mettre en place trois types d’actions les 19 et 20 mai 2006.

 

Tout d’abord, lors de l’inauguration de la Cité de la musique et de la danse, le 19 mai au soir, plusieurs personnes désirant participer à cet événement n’ont pu y assister au motif qu’elles ne portaient pas une " tenue correcte ". Or, aucun panneau ne signifiait cet impératif.

 

Ensuite, le 20 mai avait lieu l’inauguration du pont Outre-Rhin à Fessenheim en présence du Président de la République M. Jacques Chirac, ainsi que des maires administrant les communes concernées. Deux manifestations se déroulaient dans un même temps, l’une soutenait la politique actuelle du Gouvernement, l’autre était écologique et pacifique. Des cordons de CRS les circonscrivaient et les séparaient. L’accès au pont était réservé à des invités précautionneusement choisis et issus des deux nationalités, allemandes et françaises. Bien que la réalisation de ce pont ait été financée par les impôts locaux, bien qu'il s'agisse donc d'un espace public, il était cependant impossible pour un certain nombre de personnes, intéressées par cette inauguration, d’y accéder, car tous les secteurs étaient bloqués de 10h à 13h.

 

D’autres tentatives d’intimidation ont également été formulées, de la part de vigiles, sur le plateau de l’émission " Tout peut arriver " samedi 20 mai, dans l’après-midi, sur France 3, à l’encontre de membres de la Coordination de Strasbourg contre la précarité qui s’y étaient rendu pour tracter, dans le calme, afin de proposer une information alternative tant aux spectateurs qu’aux salariés de la chaîne, cette dernière participant activement, comme le reste des médias, à la désinformation continue de la population. Les personnes en question ont, entre autres, subi des tentatives d’intimidation, par le biais de relevés d’identités, avec, pour suite possible, des poursuites pour " trouble de l’ordre public ".

 

Pour finir, dimanche 21 mai de 15h à 22h, s’est déroulé, au Molodoï, une rencontre avec le collectif " Unis contre l’immigration jetable ". Cent cinquante à deux cent personnes étaient présentes lors de cette rencontre festive qui réunissait des groupes de musique poursuivant, sous une autre forme, certaines des luttes de la Coordination de Strasbourg contre la précarité.

 

Coordination de Strasbourg contre la précarité (commission-presse).

Par Coordination de Strasbourg contre la précarité
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Mardi 20 juin 2006
2.000e visiteur sur le blog "Strasbourg en lutte" de la Coordination de Strasbourg contre la précarité!!!!!



C'est aujourd'hui, à l'heure de la pause café, pendant que la majorité de la population strasbourgeoise sirotait le sien tranquilement, ignorant (mais moins quand-même depuis qu'on y travaille) l'hallucinant bradage de nos droits des lois scélérates que notre sournois gouvernement esclavagiste nous prépare ou nous a déjà imposé, que s'est connecté ce téméraire internaute, que nous serions tenté d'appeler désormais, à l'instar de nos dirigeants ump-udf-ps-medef pour qui nous ne sommes plus que des machines à numéroter, le 2.000e visiteur, à notre humble blog contestataire, rouge, noir et blanc dans les formes, seulement rouge et noir dans les idées.

Car si nos informations sont exactes, c'est vers les 10h30 du matin, le mardi 20 juin 2006, que cet inconscient de la position qu'il occupait dans nos statistiques, s'est manifesté sur nos cadrans blogomatiques.

Que faisait-il là à pareille heure me demanderez-vous. N'avait-il donc pas autre chose à faire? Ne pouvait-il pas occuper ses heures matinales à autre chose que de lire ces informations subversives, alternatives, limite censurées, que nous nous efforçons tant de mettre à votre disposition? Ne pouvait-il tout simplement pas fermer les yeux, accepter le sort qu'on lui réserve sur cette planète, un être humain né et conçu pour produire, produit lui-même d'une société perdant ses rêves, ses aspirations à un monde juste, libre, égalitaire, solidaire, humain en somme, testé et reconnu apte à faire partie du système, à être introduit sur le marché du travail, ou alors ayant failli au test, donc à jeter? Ne pouvait-il pas se contenter de marcher comme les autres? De jouir comme les autres de tous ces bonheurs matériels dont on nous a convaincu à force de répétition qu'ils renfermaient toutes nos aspirations?


Malheureusement cet internaute-là ne l'a pas compris. Malheureusement pour lui, car, à présent qu'il sait tout cela il est devant le choix ô combien difficile d'accepter sans rien dire, ou de se révolter. Ce n'est qu'un choix personnel, il est libre de choisir un côté ou l'autre, mais il devra choisir. La belle ignorance est trop loin à présent, il ne peut plus y retourner.


L'histoire ne dit pas le camp qu'il a choisi. Tout comme elle ne dit pas si il a fait le bon choix. Mais une chose est sûre, il n'est pas le premier, et il ne sera pas le dernier à avoir été confronté à ce choix. Et toi?

 

 

 

 

 

Sinon, petite historique, le blog Strasbourg en lutte a été créé le 7 mai et a donc aujourd'hui un peu plus d'un mois d'existence.

Pour fêter cet évènement, on va faire peau neuve du site, au niveau du rangement en catégories. Et peut-être aussi une surprise...

Par Coordination de Strasbourg contre la précarité
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Dimanche 25 juin 2006
Enfin notre forum!!!!!


Héhé, on vous avait promis une surprise, alors la voilà : la Coordination de Strasbourg contre la précarité a enfin son forum!!

Espace de libre expression, qui sait les débats qu'il accueillera, les prises de position qu'il suscitera, les effets sur le mouvement qu'il aura!!

Allons donc tous y mettre notre grain de sel, exprimer nos opinions, bousculer celles dont ça fait trop longtemps qu'elles ne sont plus remises en cause.


Pour visiter le forum, rien de plus simple, c'est par ici : Forum Strasbourg en lutte


Les premiers messages qu'on y a mis sont les revendications de la Coordination Nationale et le dernier appel (celui de Montpellier du 21 mai) dans l'espoir de susciter des discussions sur des modifications qui pourraient être apportés à ces listes et appel à la prochaine Coordination Nationale. Mais heureusement, ce forum vivra grâce à tous les apports qu'on pourra lui donner, surtout ceux que personne n'aura prévu à l'avance.

Alors postez, crééz vos propres sujets, et surtout, résistez à l'ordre établi (même par nous... ;) ) !!!
Par Coordination de Strasbourg contre la précarité
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